Marc Sergeant : « Silence-Lotto est meilleure qu’en 2008″
Posté par Gregorio le 23 déc 2008 dans Entretiens • Pas de commentairesL’équipe belge Silence-Lotto a bien changé. Refroidi par l’affaire Kohl, la formation s’est lancé de nouveaux objectifs avec Thomas Dekker, Cadel Evans et Philippe Gilbert, notamment. Marc Sergeant, manager sportif de l’équipe, nous parle ainsi de la prochaine saison, celle de tous les dangers pour la formation belge.
Propos recueillis par Grégory Ienco.
> Tout d’abord, Mr Sergeant, comment s’est passé le premier stage de l’équipe à Benicassim (Espagne) ?
« Cela s’est très bien déroulé, comme prévu. Le programme a été suivi à la lettre par les coureurs. En plus, le beau temps était de la partie, avec des températures de 15 à 20°C. Le seul point négatif reste la fracture de la clavicule de Jurgen Van den Broeck. Mais je suis certain qu’il reviendra bien vite en forme. »
> L’effectif a été remanié pour 2009. Dorénavant, l’équipe Silence-Lotto dispose de bons éléments pour les classiques ardennaises.
« C’est ce que nous voulions avec le recrutement de Thomas Dekker et Philippe Gilbert. Pour ce dernier, c’est son rêve de pouvoir être le leader sur les classiques ardennaises, avec une équipe derrière lui. De plus, son programme sera adapté pour que son pic de forme soit à cet instant de la saison. Les années précédentes, je pense qu’il était en forme trop tôt. Ce n’est pas pour rien s’il a gagné deux fois le Volk (sourire). »
> Quel sera le programme de Gilbert justement ?
« Contrairement à l’année passée, où il a commencé par le Tour Down Under et le Trophée de Majorque, il débutera par le GP La Marseillaise, en France, puis le Tour d’Algarve, le circuit Het Volk, Paris-Nice, Milan-San Remo, la Flèche Brabançonne, le Tour du Pays Basque et enfin les Ardennaises (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège). »
> Pour revenir à Thomas Dekker, n’avez-vous pas eu des doutes sur le coureur néerlandais au vu de ses antécédents avec la Rabobank ?
« Vous savez, il y a toujours deux côtés dans une histoire. J’ai écouté sa version et j’ai vu les preuves de l’Union Cycliste Internationale qui indiquaient qu’il n’y avait rien à lui reprocher. On m’a dit qu’il serait peut-être difficile à gérer mais je n’ai jamais eu de problème avec lui. Il est toujours venu aux entraînements donc je n’ai rien à en redire. »
> Concernant Cadel Evans, on sait qu’il y a un imbroglio concernant sa prochaine participation au Tour d’Italie. Qu’en est-il aujourd’hui ?
« On a discuté, voici quelques semaines, sur son programme de la saison 2009. Nous étions alors d’accord pour qu’il prenne part au Giro. A ce moment-là , nous avions juste dit qu’il était possible qu’il le fasse, nous lui laissions encore le temps de réfléchir. Mais les organisateurs du Tour d’Italie ont appris la nouvelle et ont de suite confirmé celle-ci. Un journaliste a alors appelé Cadel [Evans], qui se demandait alors ce qu’il se passait. Je pense qu’Evans a paniqué tout simplement. »
> Vous allez donc en discuter ?
« Oui, nous allons nous mettre autour de la table. Et puis, je pense que cette participation n’aura que des avantages pour lui. Il y aura beaucoup de bons coureurs et ce ne sera donc certainement pas à lui de faire la course. S’il y va, ce ne sera qu’une préparation pour le Tour de France. Et puis, il pourra profiter du mois de juin pour reconnaître les cols dans de bonnes conditions. L’an dernier, il avait fait les reconnaissances en mai, et il a eu de la neige. Ce n’était pas l’idéal. »
> Les équipiers d’Evans ont été jugés trop courts, en 2008. Cette année, beaucoup de ceux-ci sont partis. Est-ce que l’équipe ne se sent pas moins forte ?
« Il est vrai qu’on a eu des déceptions. Yaroslav Popovych n’a pas fait ce qu’on attendait de lui, par exemple. Mais je ne pense pas qu’on ait perdu au change. Thomas Dekker a passé deux ans auprès de Michael Rasmussen, sur le Tour de France. Et malgré ce que l’on sait sur le Danois, c’est une expérience non-négligeable. Sur le Tour d’Italie, on a aussi Jurgen Van den Broeck (NDLR : 7e l’an dernier) qui peut jouer sa carte. Je pense que l’équipe est plus forte, cette année. »
> Enfin, revenons sur l’affaire Kohl. Cela vous a-t-il touché ?
« Je vous avoue que je suis content que Kohl ne vienne pas. Ce n’est que bénéfique pour le cyclisme. »
> Et que pensez-vous de l’attitude de son ancien équipier, Stefan Schumacher ?
« Cela ne donne pas une bonne image pour le cyclisme. Au moins, Kohl a encore un visage humain en avouant ses fautes. Mais Schumacher nie toujours, ce que je ne comprends pas. C’est dommage pour Quick Step aussi… »






