Un coup d’oeil dans le rétro (4) : Mai

Posté par Gregorio le 23 déc 2008 dans Rétro 2008Pas de commentaires

Le mois de mai sonne le début des grandes épreuves par étapes. Le Tour d’Italie démarrait ainsi en trombe depuis la Sicile avant de prendre son envol dans les terres et les cols des Appenins, des Alpes ou encore des Dolomites. Et surprise de taille, l’équipe Astana est invitée au dernier moment tout comme la star de la formation luxembourgo-kazakh, Alberto Contador.

Par Grégory Ienco.

Une invitation de dernière minute et quelle invitation ! L’équipe Astana, refusée sur le Tour de France au vu des dernières affaires de dopage qui ont sali la Grande Boucle, a reçu une wild-card de la part des organisateurs du Giro pour participer à leur épreuve, durant les trois dernières semaines de mai. La décision, intervenue en toute hâte, en a étonné plus d’un. Alors qu’un cordon sanitaire avait été établi par ASO (organisateur du Tour) pour que la formation kazakh fasse son nid dans les épreuves continentales pour se racheter des fautes passées, RCS Sport (organisateur du Giro) décidait d’outrepasser ce mur afin d’offrir une chance à Alberto Contador et Levi Leipheimer, les deux leaders de l’équipe Astana présents sur les routes italiennes. Ainsi, les deux hommes venaient se rajouter à la longue liste des favoris qui comptait Damiano Cunego, Gilberto Simoni, Danilo Di Luca, Riccardo Ricco’ ou encore Emanuele Sella. Que des Italiens, me dites-vous ? Malheureusement, la tendance de ces dernières saisons se confirme. Le Giro n’est pas des plus intéressants, placé au mois de mai alors que les favoris pour le Tour de France sont déjà dans les Alpes et les Pyrénées pour peaufiner leur préparation en vue de la grande messe de juillet.

Ainsi, l’édition 2008 du Tour d’Italie débutait à Palerme, en Sicile. L’île italienne fut déjà le théâtre de biens de coups d’éclat dès les premières journées de course. L’équipe Slipstream offrait d’ailleurs la première surprise lors du contre-la-montre par équipes, prenant la tête de l’épreuve sous le soleil de Palerme. Christian Vandevelde, une des révélations de la saison, en profitait pour s’offrir le premier maillot de l’année. Cependant, son règne prenait fin le lendemain lorsque Riccardo Ricco’ enregistrait son premier succès, tout en puissance, sur les pentes d’Agrigento. Franco Pellizotti en profitait pour enfiler le paletot rose. Les sprinters étaient alors toujours dans l’expectative, souhaitant enfin avoir un emballage final à se mettre sous la dent. Daniele Bennati sautait sur l’occasion à Milazzo, remportant le premier sprint massif avant que Mark Cavendish ne fasse parler sa pointe de vitesse le lendemain à Catanzaro, le long de la mer Méditerranée.

Par la suite, le peloton remontait vers le nord pour découvrir les premiers cols. Auparavant, le peloton ouvrait la voie dans la moyenne montagne où l’équipe Liquigas ne semblait pas avoir les armes suffisantes pour contrôler l’ensemble des favoris et ainsi conserver le maillot rose dans son camp. Dès la cinquième étape, Pavel Brutt tentait la course en solitaire dans les derniers kilomètres vers Contursi Terme, avec succès. Le lendemain, l’Italien Matteo Priamo poursuivait la tâche des attaquants avec Giovanni Visconti, notamment. Les deux hommes étaient les grands vainqueurs de la sixième journée de course. Priamo pour l’étape, Visconti, alors porteur du maillot de champion d’Italie, le maillot rose. Une victoire que savoure pleinement le sociétaire de la Quick Step qui conservera sa tunique pour plusieurs jours, grâce à une énorme avance. Ainsi, les succès de Gabriele Bosisio, Riccardo Ricco’ et Daniele Bennati n’auront aucun impact sur la tête du classement général qui reste sous le contrôle de Visconti.

Un contre-la-montre individuel venait ensuite changer la donne. Marzio Bruseghin, vainqueur de l’étape, et Alberto Contador profitaient de cette journée pour reprendre quelques minutes à Visconti, accroché à sa position de leader. Mais la haute montagne arrivait à grand pas. Un nouveau combat avait auparavant lieu entre Daniele Bennati et Mark Cavendish qui remportaient à nouveau une étape chacun. Venait ensuite l’étape décisive vers le Val di Fiemme. Dans les Alpes italiennes, Emanuele Sella franchissait les cols un à un avec une facilité déconcertante. Derrière, Gabriele Bosisio décrochait la timbale en emportant le maillot rose sur ses épaules. Vers Marmolada, au sommet du Passo Fedaia, Sella remettait le couvert avec, cette fois, Alberto Contador sans sa roue sur qui le maillot rose allait, selon lui, à ravir. Le lendemain, l’étape-reine du Tour d’Italie 2008 se déroulait lors d’un contre-la-montre individuel inédit sur les hauteurs du Plan de Corones, montée de 13 kilomètres dont la majeure partie sur les graviers. Franco Pellizotti prenait le meilleur sur ses adversaires mais Contador restait en tête du général.

La dernière semaine se profilait et le coureur espagnol montrait toujours les meilleurs capacités face à ses adversaires transalpins. Alors que les High Road faisaient coup double sur la 17ème étape vers Locarno avec le succès d’André Greipel, vainqueur devant son coéquipier Mark Cavendish, les puncheurs retrouvaient leur terrain favori avec une étape inédite dessinée entre Mendrisio (lieu des Mondiaux sur route 2009) et Varèse (ville des championnats du Monde 2008). A ce petit jeu, Jens Voigt demeurait vainqueur devançant le champion du Monde Paolo Bettini, sur une brillante partition en solo. Mais la montagne revenait de suite, pour deux dernières étapes déterminantes. A Presolana, sur les hauteurs du Monte Pora, Vasil Kiryienka s’enfuyait dés les premières bornes pour remporter un succès de prestige devant les grandes pointures du général. Le lendemain, à Tirano, Emanuele Sella faisait de nouveau son show avec une nouvelle victoire d’étape à la clé. Toutefois, Alberto Contador demeurait intouchable. Et l’ultime contre-la-montre dans les rues de Milan ne faisait que renforcer cette position finale, malgré une victoire du champion d’Italie de la discipline, Marco Pinotti.

Le Tour d’Italie se terminait ainsi sur la victoire d’un homme que personne n’attendait. En vacances, une semaine avant d’aborder les routes transalpines, Alberto Contador a bravé la pluie pour remporter son deuxième Grand Tour, en 10 mois à peine. En forme croissante depuis la deuxième semaine de compétition, le coureur espagnol a détrôné les habituels favoris italiens et donnaient ainsi rendez-vous pour le Tour d’Espagne, son prochain objectif en 2008. Le rendez-vous était donné avec l’Histoire du cyclisme.

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