Sans doute, les championnats du Monde de Cyclo-cross, se déroulant cette fin de semaine à Hoogerheide aux Pays-Bas, n’auront détenu le statut de course «ouverte» que cette année. Que ce soit chez les élites hommes, les dames (dans une moindre mesure) ou encore chez les espoirs et les juniors. Les conditions atmosphériques, comme à chaque fois, joueront un très grand rôle dans le dénouement des championnats, et en somme ce qui fait la beauté de ce sport hivernal de plein air.
Par Robert Genicot
La course au maillot irisé, la plus belle course de la saison mais la plus incertaine, convient mieux à l’explosivité de certains, qu’à la constance d’autres. L’exemple d’Erwin Vervecken (Belge, 3 titres), ces dernières années, lui qui se contentait de «suivre» la troupe, est assez marquante. L’homme d’un jour, et en plus du bon, pouvait se permettre d’assurer tout au long de l’année, et le jour «J» régler tout le monde. Il le fit deux saisons de suite, mais peu de suiveurs pensent qu’il en sera encore ainsi ce dimanche. Par le passé, des crossmen comme les Eric De Vlaeminck (Belge, 7 titres dont six en suivant…), André Dufraisse (Français, 5 en suivant), Renato Longo (Italien, 5), Albert Zweifel (Suisse, 5), Roland Liboton (Belge, 4), Mario Declercq (Belge, 3) et Bart Wellens (Belge, 2), autorisent à penser que cette discipline sourit aux spécialistes, puisque ces huit garçons ont fait vibrer les amateurs des labourés pendant près de 35 ans.
Nys face à ses démons
Si l’incontournable champion belge, Sven Nys, semble le favori numéro un de cette épreuve, chacun sait aussi qu’il appréhende ce cross de façon particulière, et que son plus grand adversaire ce dimanche à Hoogerheide ne sera autre que Sven Nys, lui-même. Certes, une course n’est jamais gagnée avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée, et que pour la cause d’autres vont se démener pour empêcher le sociétaire de la Landbouwkrediet de vaincre. Bien entendu, en première ligne l’armada Fidéa, dont on sait qu’une prime de 30.000 € tomberait dans l’escarcelle du vainqueur, mais aussi la formation belge qui, bien que le sélectionneur national -Rudy Debie- s’en défend, ne verrait pas d’une bon œil la nouvelle perte du beau paletot. «On fera bloc», entonne à l’unisson les noir-jaune-rouge, mais si on chantait faux du côté des pros belges ?
Autre concurrence, mais individuelle celle-là, verra la forte opposition des Boom (dont le public lui sera tout acquis), Stybar, Mourey ou encore Franzoi tenter le coup de poker. L’an dernier, Lars Boom fit à Trévise un dernier tour suffoquant, ne permettant pas le retour de ses poursuivants, et démontrant par ainsi toute sa classe. Cette saison, le grand batave la mena en dents de scie, mais avec toujours à l’esprit Hoogerheid. D’autres «seconds couteaux» pourraient également émerger, comme Thijs Al, Klaas Vantornout, Dlask, Fontana, Heule ou encore un Steve Chainel ambitieux, mais peut-être contraint (lui aussi) à la course d’équipe nationale ? Beaucoup d’interrogations avant ce championnat du Monde, et notamment quelle sera l’attitude du jeune Niels Albert, pourra-t-il contenir sa fougue, son esprit de vainqueur pour les mettre au service de la nation ? Nous ne le pensons pas, lui qui fit une année supplémentaire chez les espoirs pour obtenir, enfin, le maillot tant convoité. On le sait rageur, un tantinet mauvais perdant, on aimerait le voir collectif, au moins une fois, d’autant que sa carrière est très loin d’être terminée.
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