Andy Schleck : « Maintenant, à 100% pour le Tour »

Posté par Gregorio le 26 avr 2009 dans EntretiensPas de commentaires

Gagner la Doyenne des classiques à 24 ans, voilà un exploit que seuls les Eddy Merckx et Bernard Hinault ont réussi. Andy Schleck fait maintenant partie de cette caste des champions et espère désormais s’offrir le Tour de France pour compléter palmarès déjà bien fourni.

Propos recueillis par Grégory Ienco, à Ans.

Tout d’abord, quel numéro !

« Je n’ai pas encore vu les images malheureusement. Mais c’était ma course préférée de l’année. Je la voulais. Ca va être difficile de faire encore mieux à présent. »

Vous avez tout de même réussi à déposer tout le monde dans la côte de la Roche aux Faucons.

« Je reste les pieds sur terre. Je dois tout de même remercier mon équipe, qui a fait un énorme travail, ainsi que ma famille et mon frère. J’ai été très heureux qu’il puisse prendre le départ avec moi ce matin. On a eu vraiment une folle semaine. Au soir de l’Amstel Gold Race, j’ai vraiment douté parce que mon frère était dans d’autres conditions qu’aujourd’hui. A la Flèche Wallonne, j’ai été fort mais j’étais un peu déçu de terminer deuxième. Et ce dimanche, mon frère est là et je gagne, c’est fantastique. »

Aviez-vous prévu cette attaque ?

« C’est un risque que j’ai pris. Je ne voulais pas arriver au sprint car sinon, j’allais certainement perdre. Toute cette semaine, je me sentais très fort et j’avais en tête cette côte. Je souhaitais attaquer à ce moment-là et l’équipe m’a vraiment bien emmené jusque là. »

Est-ce que l’attaque de Gilbert vous a permis de vous transcender ?

« J’avais déjà réglé l’attaque. Pour moi, ce n’est pas important qui est devant car je reste concentré sur ma course. J’ai juste vu des supporters belges qui n’étaient pas très contents que je sois derrière lui. Mais c’est la course. Je pensais qu’il allait rester avec moi car il s’était beaucoup retourné auparavant. Je souhaitais l’emmener jusqu’à Saint-Nicolas et l’attaquer à ce moment-là mais il s’est écroulé avant. »

Etes-vous heureux de cette victoire après tant de places de dauphin ?

« Evidemment. Certes, j’avais remporté deux étapes du Tour de Saxe mais ici, c’est un autre niveau qu’ici. C’est très important pour moi de gagner. L’année passée, j’avais beaucoup travaillé pour l’équipe alors que j’aurais plus gagner l’une ou l’autre étape ».

Les Ardennaises étaient donc un objectif pour vous ?

« Oui, je voulais être à 100% pour les classiques, comme je veux être à 100% pour le Tour de France. Ce sont mes deux objectifs de la saison. On est toujours impatient de gagner une course mais j’ai essayé de planifier ma forme pour remporter cette course et arriver seule dans la côte. C’est un rêve qui se réalise. »

Quand avez-vous pris conscience que vous aviez course gagnée ?

« C’est drôle car je me voyais dans la télévision. Avec une minute trente d’avance à dix kilomètres de l’arrivée, je me disais que ce n’était pas possible qu’ils reviennent, comme si j’étais un simple téléspectateur. J’y ai vraiment cru à ce moment-là mais je suis resté très concentré car tout peut se produire. J’ai forcé jusqu’à 500 mètres de l’arrivée puis j’ai savouré. »

Revenons sur l’Amstel. Quelle était votre émotion après la chute de Frank Schleck ?

« J’étais content qu’il soit rentré et qu’on m’ait dit qu’il allait bien lors de la course mais quand j’ai vu les images à la télévision, j’ai été pris de doutes. Pendant deux jours, je n’étais pas bien mentalement. Certes, il arrive beaucoup de chutes mais celle-ci était grave et Frank a eu beaucoup de chance. « 

Pensez-vous que vous êtes un des rares cyclistes à pouvoir s’imposer sur une classique et sur un grand tour ?

« Je pense que c’est une question de volonté. Beaucoup de coureurs peuvent y arriver selon moi. Si tu es bon en montagne, tu peux te débrouiller dans les classiques. De mon côté, je ne suis pas encore arrivé au top. Je suis seulement en train de forger les bases pour le futur, et cela jusque 25, 26 ans. Je dois encore mûrir. Par exemple, j’aimerais encore faire des courses comme le Tour des Flandres. Pourquoi pas l’année prochaine ? »

Quelle est votre rêve à présent ? Le Tour de France ?

« Mon rêve, c’était Liège-Bastogne-Liège. (rires) Je pense que c’est possible que je gagne le Tour de France après ma onzième place l’année dernière. Et puis, on rêve toujours de gagner le Tour. Mais je pense que j’ai encore beaucoup de travail à fournir. »

Connaissez-vous Marcel Ernzer ?

« Il a gagné Liège-Bastogne-Liège, il y a 50…[L'assistance crie 55]…oui, 55 ans. Je ne le connais pas personnellement mais on est fier de voir que quelqu’un l’ait fait auparavant. On parle souvent de Charly Gaul mais il y en a d’autres aussi. »

Quelle est la suite de votre programme ?

« Ce soir, on va faire la fête. (rires) Demain, je recommence déjà l’entrainement avec mon vélo de contre-la-montre. Ca a l’air beaucoup mais comme je l’ai dit, la préparation pour le Tour de France commence dès aujourd’hui. Pour les courses, je serai au GP de Francfort, le 1er mai. Je m’accorderai une pause avant de participer au Tour du Luxembourg, au Tour de Suisse et ensuite au Tour de France. J’espère enfin une participation au Tour d’Espagne. »

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