Mondiaux : Mendrisio se trouve un nouvel attaquant | CyclismeRevue

Mondiaux : Mendrisio se trouve un nouvel attaquant

Et dire que l’on se plaisait à laisser entendre que Cadel Evans ne réussirait jamais à faire trembler un  peloton par des attaques, lui qui généralement se contente de suivre, de contrôler, de s’économiser. Et bien, ici à Mendrisio -juste avant la prochaine édition qui se déroulera à Melbourne en Australie- le garçon qui court après une victoire sur la Grande Boucle, vient de démontrer que l’on ne peut jamais dire jamais, et que tout devient possible lorsque la volonté est bien là.

Par Robert Genicot à Mendrisio

Un championnat du Monde d’une intensité hors du commun, même s’il fallu attendre les cinq derniers tours pour voir un peut d’animation. Et l’émotion, sur le podium, du nouveau porteur du maillot irisé semblait bien à la hauteur de cette course folle, menée tambour battant dans son final, si bien que la plupart des « prétendants » se firent irrémédiablement distancés, après il est vrai un travail de dingue, comme le fit un Cancellara absolument superbe d’aisance, mais ne pouvant rien contre ce diable d’Evans.

« On ne se méfie jamais assez de l’eau qui dort… »

Si tout devait se jouer dans les deux derniers tours, la présence de certains candidats, comme Ballan (qui ne pourra pas réaliser le doublé comme Bettini), Cunego, Boonen et Gilbert, ou encore Cancellara, on ne pouvait parier un kopeck sur une attaque aussi cinglante, que celle enregistrée par l’Australien. Personne, à ce niveau de la course ne pouvait donc croire qu’il fallait surtout tenir à l’œil Cadel Evans (une des plus belles victoires de sa carrière, si pas la plus belle…, mais aussi une superbe fin de saison de Silence-Lotto), étant trop occupé à tenter de contrôler cette foutue course au maillot irisé.

« Trop nerveuse, une course incontrôlable »

A l’image de Damiano Cunego, que nous avons rencontré après l’arrivée, la Squadra semblait perdu et accusait le coup.Trois années de vache grasse, et puis en force dans le final, et seul le petit italien arrive à se classer dans le Top-10. « Nous étions tous nerveux, cette course était incontrôlable de par ce final endiablé. Pour bien faire, on aurait du connaitre une course linéaire, et non ces attaques, ces accélérations et l’attitude de Fabian Cancellara, qui -lui- contrôlait (NDLR : faisait vibrer toute la Suisse), pour arriver au résultat néant. Cette course était très difficile, le parcours bien entendu, mais surtout ces mouvements déclenchés de toutes parts. Nous ne pouvions rien tenter sans être certain du retour de Spartacus, regardez les Espagnols, en nombre également dans le final, et il ne remporte pas le titre. »

Cunego ne semblait pas pour autant abattu, sans doute d’autres coureurs de la formation italienne devaient l’être bien plus que lui, à l’image d’Alessandro Ballan qui aurait voulu, sa démonstration du moment en témoigne, récidiver et offrir ou s’offrir un nouveau maillot de champion du monde à son pays. Mais voilà, il fallait compter sur Monsieur Cadel Evans, qui précision habite à trois kilomètres de Mendrisio, comme quoi…

Un nouveau « patron » des peloton, pas certain, mais un homme très attachant qui mérite amplement son succès, même si nous étions les premiers à ne pas voir cette « fougue » dans les comportements de Cadel. Sans doute une prise de conscience pour ce coureur de 32 ans, né le jour de la Saint Valentin, et résidant en Suisse, une petite commune située à 3 km de Mendrisio, à Stabio. Peut-être aussi de nouvelles dimensions, et un programme différent pour 2010, qui verra les prochains championnats du monde se disputer dans le pays du nouveau vainqueur.

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