On peut aimer ou détester un personnage, mais jamais la mort ne doit nous réjouir. La nouvelle du décès de Frank Vandenbroucke ne laissera personne indifférent, car cela arrive toujours trop tôt, dans toutes situations. Qu’il fut adoré ou acculé, Frank restera à jamais l’un des coureurs les plus talentueux -si pas le plus talentueux- de la période après Eddy Merckx.
Par Robert Genicot
Il semble bien difficile de connaître la vérité quant aux circonstances de la mort de Frank. Ce sera sans doute chose faite après l’autopsie, devant s’effectuer mercredi ou jeudi à Dakar. Quoi qu’il en soit, cette affaire nous laisse un goût amer. Nous l’avions rencontré lors des championnats du monde de Mendrisio, en Suisse, voici une quinzaine de jours. Bien loin de penser à un tel drame, nous avions échangés quelques mots. Non pas pour en relater les faits dans ces colonnes, car nous ne nous assimilons pas aux sites à sensations, mais bien en simple amateurs de courses cyclistes, venus suivre un championnat.
Une impression de personnage heureux, se sentant terriblement bien dans cette ambiance, et n’espérant qu’une seule chose : remonter sur son vélo et disputer des courses. Cela, beaucoup d’observateurs, et de personnes l’ayant rencontré dernièrement, le constatèrent également. Les commentaires de nos confrères abondent tous dans le même sens. Malheureusement, l’avenir devra se conjuguer sans le « rebelle ».
« Je suis encore capable de vous surprendre… »
Sans être outre mesure provocateur, Frank aimait aussi se convaincre, mais aussi et surtout amener les spectateurs à aller dans son sens. « Vous verrez, je suis en bonne voie pour décrocher un nouveau contrat, et je suis encore capable de vous surprendre », déclarait Vandenbroucke sur le circuit de Mendrisio. « Je sais qu’il est difficile de me croire, après les erreurs du passé que j’ai commises. Mais je suis certain de pouvoir revenir à un niveau plus qu’acceptable, et même de gagner des courses. Je le dis en toute franchise, mais en sachant aussi que cela ne sera pas chose aisée. Rien ne peut m’arrêter. Si, comme cela semble devoir se concrétiser, des personnes me font confiance, il ne le feront pas pour rien, je serais là en 2010, et il faudra compter avec moi », déclarait un Frank débordant d’optimisme.
Certes, à l’heure actuelle, et au-delà des clivages « je t’aime, moi non plus », toutes ces belles perspectives s’envolent en fumée, mais nous tenions à vous faire part de ces quelques paroles dites lors d’un Mondial, sur les hauteurs des Alpes suisses. Frank Vandenbroucke n’est plus, mais jamais le monde du vélo ne l’oubliera.
Salut l’artiste…
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