Quel bonheur (ironie) de lire, ici et là, des extraits et commentaires sur le livre d’un champion de tennis, tel qu’André Agassi (à paraître le 9 novembre aux États-Unis), avec des révélations pour le moins étonnantes dans un sport déclaré plus propre que propre. Et oui, à tous les fans de la petite balle jaune, cela doit faire très mal, ou alors ils trouveront cette excuse de n’accuser que … Agassi, car les autres, bien entendu, ils frappent sur la « babale » à l’eau claire.
Par Robert Genicot
Depuis des lustres, nous martelons qu’il faudrait un jour aller voir ailleurs que sur les courses cyclistes, pour enfin se rendre compte que la grande majorité des sportifs de haut niveau, toutes disciplines confondues, ont eu un jour recours à des additifs chimiques pour réaliser les performances inscrites sur les tablettes. Certes, tous ne prennent ces substances en permanence, mais à un moment ou un autre, ils ne peuvent s’en soustraire. En fait, ce que raconte le mari de Steffi Graf ne fait que confirmer ce que beaucoup pense, et notamment qu’il est impossible de mener une vie aussi active, pendant des années, sur tous les continents, sans devoir « souffler » un peu.
Aussi, posons-nous la question de savoir le pourquoi des arrêts de compétiteurs, et ensuite leurs retours gagnants ? En effet, même si l’on considère le corps humain comme une machine particulièrement bien faite, celle-ci possède des limites infranchissables. On peut très bien s’habituer à la chaleur, au froid, aux intempéries, mais peut-on de la même manière s’acclimater de substances étrangères, sans rencontrer de « retour de manivelles » ? Nous ne le pensons pas. Les soins pour une maladie en sont un exemple. Si le cancer peut se soigner, les méthodes pour y arriver laissent des traces, parfois plus graves que l’origine.
Les sportifs, qui deviendront maîtres dans leur domaine, doivent commencer le plus tôt possible, afin d’acquérir du métier. Une carrière très courte, d’une dizaine d’années, au haut niveau, doit être envisagée avec comme objectif la reconnaissance, certes, mais aussi le gain financier permettant d’assurer les vieux jours. Le problème se situe à ce niveau, comment gagner beaucoup d’argent en très peu de temps ? Bien sûr, il existe le loterie, mais aléatoire, du moins (et c’est notre cas) toujours pour les autres. Il faut donc gagner, se montrer, encore et encore. Pour se faire, et comme on est pas au Top tous les jours, il faut demander de l’aide aux non sportifs, genre pharmaciens non remboursés par la Sécu. Tellement facile, qu’essayer c’est l’adopter.
Le joueur de tennis américain ne peut être considéré comme cas isolé, puisqu’il faut se souvenir de Matt Wilander (1995), Martina Hingis (en 2007, après son retour) et plus récemment Gasquet (2009) qui, bizarrement, ne fit pas la une des journaux comme un certain Tom Boonen, aller savoir pourquoi ? Certes, le beau Richard n’a jamais « troué une salade », tandis que Tommeke aligné au départ de la Grande Boucle devenait potentiellement un maillot vert parisien. Le premier fut contrôlé positif, à la cocaïne, lors d’une compétition, le second à la suite d’une « beuverie », nuance.
Ne nous leurrons pas, le cyclisme et le tennis, ne forment pas un couple de privilégiés de la chimie pointue, non il existe bien d’autres exercices plus périlleux, demandant des réflexes importants, une attention particulière de tous moments, qui nous vaudrons encore de drôles de révélations.
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