Cancellara: « Je rejoindrai bien les frères Schleck » | CyclismeRevue

Cancellara: « Je rejoindrai bien les frères Schleck »

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Déjà sacré avec le Vélo d’Or et le Flandrien international, le Suisse Fabian Cancellara a encore été auréolé d’une récompense : le prix de l’AIJC, remis par les journalistes spécialistes de la Petite reine. Cependant, son trophée n’était pas la seule grande nouvelle de la journée. Cancellara a également confirmé sa signature au sein de la formation luxembourgeoise des frères Schleck.

Propos recueillis par Grégory Ienco, à Erps-Kwerps.

? Fabian, que ressentez-vous après avoir reçu ce prix, remis par les journalistes qui vous suivent tout au long de l’année ?
J’ai reçu beaucoup de prix mais je pense que celui-ci est différent car il m’est remis par des gens que je trouve sur les routes toute l’année. Cela ne récompense pas seulement les résultats mais aussi le comportement du coureur. C’est aussi important que les succès. Si un coureur est égoïste ou arrogant, il ne mérite pas ce genre de récompense…

? Avez-vous gagné tout ce que vous souhaitiez en 2010 ?
Normalement, je devais courir l’épreuve en ligne des championnats du monde mais je sentais que je n’avais plus toute l’énergie nécessaire. J’ai donc fait le contre-la-montre et j’ai remporté un 4e titre mondial. Tout a donc été à la perfection. Faire mieux lors de cette dernière saison, je n’oserais pas y penser.

? Que manque-t-il donc à votre palmarès alors ?
Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie pour remporter les cinq monuments du calendrier. Le plus important pour s’imposer, c’est dans la tête, la motivation. Mais l’année prochaine, je courrai quand même le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Je suis fait pour ces courses. C’est toujours difficile de gagner tant ces courses du Nord que les Ardennaises. On n’est qu’en novembre, j’ai encore le temps de penser à mon programme…

? Est-ce seulement une question de motivation ?
Ca apporte beaucoup. Il faut également avoir la condition, certes, mais avoir des défis différents tout au long de sa carrière, cela apporte une motivation supplémentaire qui peut permettre de gagner des courses. Il est vrai que je n’ai pas encore couru le Tour de Lombardie ou Liège-Bastogne-Liège. Mais il faut juste avoir la condition et la motivation. Même si cela ne peut pas durer tout le temps. L’an dernier, d’Harelbeke à Paris-Roubaix, cela a été intense. Après ma victoire sur le vélodrome, j’avais tous ces souvenirs dans ma tête et j’avais besoin de repos. Je ne suis pas une machine… Et je n’ai pas de moteur (rires).

? Vous riez maintenant de cette anecdote, aujourd’hui ?
Je peux comprendre mais c’est aussi une forme d’irrespect. Des personnes ont écrit des histoires décevantes. Le cyclisme n’a pas besoin de ça… Mais j’ai prouvé que j’étais quand même un grand coureur, sans triche.

? Pensez-vous vraiment qu’il est possible de faire les Flandriennes et les Ardennaises ?
Cela va être évidemment difficile de combiner les deux. Je sais que je peux faire le Tour des Flandres et Paris-Roubaix ou le Tour du Pays Basque. Je dois choisir le bon entraînement pour avoir le bon tempo. S’il y avait une course de trois semaines avant Liège-Bastogne-Liège, je pourrais faire quelque chose mais je ne crois pas que l’organisateur de la Vuelta veuille organiser sa course en avril (rires).

? Est-ce que vous avez encore des envies sur les Flandriennes ?
Evidemment. Je peux gagner avec le N.1 dans le dos, avec le maillot de champion du monde… Et puis, toutes les équipes changent au fil des saisons. L’année dernière, on jouait la victoire avec Rabobank, Cervélo, Garmin et Quick Step et ce sera différent encore en 2011. J’ai toujours une motivation supplémentaire.

? Est-ce que vous craignez Gilbert sur les classiques ?
C’est un grand coureur, en effet. Mais je ne me concentre que sur mes courses. Gilbert est un peu un coureur comme moi, qui s’intéresse à tout le calendrier. Cela peut lui apporter de grandes victoires.

? Qu’en est-il de votre avenir ? Avez-vous enfin trouvé une équipe ?
Avant tout, je tiens à préciser que si j’ai arrêté mon contrat avec Bjarne Riis, c’est après une mûre réflexion, après le Tour de France. Je ne suis pas marié avec Bjarne… J’ai appris le cyclisme moderne avec lui mais j’ai besoin d’autres personnes pour me pousser. Je n’avais aucun problème avec Alberto Contador non plus. Je ne pensais plus avoir ma place chez Saxo Bank.

? Qui a donc racheté votre dernière année de contrat chez Saxo Bank ?
Je voulais un peu de changement. C’était l’année ou jamais. J’ai donc trouvé une place qui me convenait au sein du Team Luxembourg, avec les frères Schleck. J’ai eu beaucoup d’équipes intéressées mais j’ai tout simplement laissé les choses venir. J’ai tout de même 30 ans et je voulais avoir une certaine assurance par rapport à certains de mes objectifs et quant à mon avenir. Désormais, un nouveau livre s’ouvre dans ma carrière.

Photos: Grégory Ienco/CyclismeRevue.eu

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